Spectral Force Genesis : Une alchimie des genres manquée
Test de la version Officielle Pal
Jeudi 31 Décembre 2009 par Goomba
Mélanger à la fois la gestion, la stratégie et le jeu de rôle est une entreprise noble bien qu’ardue. Spectral Force Genesis est loin d'être original et se compare facilement à la série des Nobunaga's Ambition. Ce titre qui aurait pu être sympathique à jouer pêche par un cruel manque de fun et une alchimie des genres manquée.
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La guerre c'est la paix
La phrase de George Orwell n'aura jamais été aussi vraie que dans Spectral Force Genesis. Le monde de Neverland est au bord du Chaos. Jadis uni sous une bannière fédérale, le pays se compose désormais d'une quarantaine de provinces. Et pour rétablir l'ordre quoi de mieux que de prendre en main les rênes de l'une d'elles et par les armes obliger vos adversaires bon gré mal gré à se soumettre et ainsi devenir le nouveau roi (ou la nouvelle reine) du pays.
Parmi la quarantaine de provinces disponible, seules sept sont accessibles dès le début du jeu. Les autres se débloquent en finissant le jeu avec différents pays mais rassurez-vous, cela ne sera pas nécessaire. D'autant plus que rien ne change réellement selon la province choisie, les objectifs sont les mêmes et les possibilités pour y arriver également. Ce qui diffère bien sûr, c'est la petite scène de dialogue au début qui semble vouloir introduire un scénario en réalité inexistant.
Une gestion impossible
Votre but est donc simple : conquérir le monde (comme chaque soir). Pour cela vous pouvez forcer les nations voisines à se rallier à vous soit par les armes, soit par la diplomatie. Ce qui pose problème, c'est bien la mise en scène de ces deux moyens.
Concrètement, le jeu se divise en mois. Chaque mois il vous est possible d'effectuer une action différente : recruter des soldats, vendre ou acheter des matériaux, convaincre des généraux de devenir vos vassaux, attaquer vos adversaires. De prime abord, cela respecte les besoins essentiels d'un jeu de gestion et de stratégie. Mais les développeurs ont eu l'idée saugrenue d'ajouter un facteur aléatoire inexpliqué. Ainsi, chaque mois, vous ne pouvez faire qu'une seule action. Il est donc impossible de mettre en place une stratégie à long terme. Par ailleurs il peut vous arriver de convaincre tout un pays de vous rejoindre alors que celui-ci vous a mis en déroute le mois précédent et possède une supériorité militaire incontestable.
Passons rapidement sur l'aspect technique du titre puisque les graphismes de manière générale sont corrects, sans plus. La musique par contre est stressante et répétitive, vous l'enlèverez assez vite. Le tout se prend assez bien en main et le stylet est mis à contribution.
Des combat ennuyeux
Passons à présent à la partie que l'on pourrait qualifier de jeu de rôle et qui pourtant n'en porte pas les caractéristiques. Lorsqu'il est possible de combattre, vous devrez choisir quel pays qui se trouve à proximité du vôtre vous allez envahir. Ensuite il faudra désigner trois généraux parmi tous ceux que vous dirigeaient prenant part à la bataille.
En ce qui concerne les combats, ils sont basés sur le jeu pierre, feuille, ciseaux. En effet vous n'avez que trois types d'unités qui ont chacune une force et une faiblesse face à une autre. De fait, les épéistes sont efficaces contre les mages, les défenseurs contre les épéistes et les mages contre les défenseurs. Le terrain de jeu est relativement petit et manier votre armée, pardon vos trois groupes, est difficile puisque les armées sont dès le début quasiment au contact, limitant les mouvements possibles. Vos généraux, à force de se faire taper dessus peuvent enclencher des sorts. Ils gagnent également un peu de puissance après chaque combat, l'aspect jeu de rôle se résume d'ailleurs à cela.
Outre l'aspect rébarbatif des combats que l'on vient d'aborder tout de suite, il faut noter que vos vassaux ne seront que des pantins inutiles, une nuisance. En effet si un vassal se fait envahir, le bon sens voudrait qu'il se défende seul et que vous lui prêtiez main forte ou bien que vous le défendiez mais que son armée soit incorporée dans la vôtre. Vous l'aurez compris ici c'est tout l'inverse. Vous devrez défendre le château de vos vassaux avec vos propres troupes sans aucune aide.
Au final Spectral Force Genesis se présente comme une mauvaise copie de titre tel que Nobunaga's Ambition ou Romance of the Three Kingdoms. Il ne faudra pas une heure pour faire le tour complet de ce que propose le jeu. Si le concept de départ est intéressant, le titre pêche énormément à cause de sa réalisation peu convaincante et qui rend le soft sans intérêt. Malgré tout il peut amener certains à découvrir ce genre de jeu et par la même occasion essayer les titres de références cités plus haut.