Le secteur du jeu vidéo en crise ?
Durant ces cinq dernières années, Nintendo a bien changé. La fin de la Nintendo 64, le projet Dolphin devenu GameCube et la Nintendo DS sont autant de bouleversements qui modifient considérablement la philosophie de Big N. En cinq ans, Nintendo a sorti plusieurs consoles, perdu plusieurs développeurs seconds clés et gagné d'autres. En quelques années, Nintendo n'a pas su empêcher l'empiétement de son public console de salon au point de déclarer que si la prochaine console de salon de Nintendo ne faisait pas autant de ventes que la GameCube, la Wii serait un échec.
Effectivement, si l'on compare la NES à la GameCube, le marché des consoles Nintendo a dégringolé, passant de 62 millions de machines NES vendues à 21 millions de GameCube.
La chute semble inexorable, toutes les consoles de salon de Nintendo ont connu ce triste sort. Parallèlement, Sony a vendu 100 millions de Playstation et 104 millions de PS2. De quoi douter de la perte de vitesse du secteur dans sa globalité !

Surtout qu'en même temps, on se rend compte que le jeu vidéo se porte plutôt bien avec un chiffre d'affaires dépassant celui du film depuis déjà quelques années, avec une croissance annuelle de 15%. Aux USA, la durée d'utilisation du jeu vidéo dépasse même régulièrement celle de la télévision dans les foyers. D'après l'Idare (Institut de l'Audiovisuel et des Télécommunications en Europe), le marché du jeu vidéo devrait atteindre les 41 milliards d'euros d'ici 2008 ! Le jeu vidéo ne va donc pas si mal que ça. Nintendo chercherait-il des excuses ?

L'hypothèse que Nintendo souhaite élargir son public car est incapable de récupérer des joueurs chez la concurrence ne plaît pas du tout aux gens du marketing de Nintendo. Il est impossible de quantifier le nombre de personnes ayant 'switché' de Nintendo à la concurrence pour X ou Y raisons, mais il est clair qu'une partie des fans purs et durs d'il y a quelques années a de quoi s'interroger sur les intentions de Nintendo.
Nintendo pense beaucoup aux fans de la première heure (des années 1980) qui se sont éloignés du monde du jeu vidéo et qu'il faut faire revenir. On fait donc appel à la nostalgie.
Nintendo pense aussi beaucoup à attirer de nouveaux publics comme les femmes (avec Nintendogs) ou les personnes plus âgés qui ne se sont carrément jamais intéressés aux jeux vidéo (avec Programme d'entraînement). Avec tout ça, certaines personnes ont peut-être le sentiment d'une croisade pour une mauvaise cause.
La métamorphose de Nintendo
La cause est après tout correcte : attirer du monde vers le jeu vidéo. Nintendo se la joue sauveur du secteur. D'après les propos des différentes personnes du marketing, Nintendo est obligé de chercher du sang neuf autre part. Pour ce faire, Nintendo a beaucoup d'idées et y met les moyens avec des consoles censées pouvoir intéresser les 'non-joueurs' ainsi que des jeux et surtout un discours marketing martelant qu'ils ont leur place. La Nintendo DS rentre en scène en 2004.
La Nintendo DS est aujourd'hui un succès mais son annonce à l'E3 2004 avait plutôt l'air d'être une réponse vite-fait de l'entrée dans la course de Sony et sa Playstation. La Nintendo DS ne reprend pas les bases laissées par la GameBoy Advance et avance une innovation par le gameplay. Nintendo a peur de la comparaison ? Alors que Sony et Microsoft prônent des graphismes magnifiques, Nintendo présente une GameCube 1.5 avec une nouvelle manette innovante pour éviter la comparaison. Nintendo a peur ? Il est quand même troublant de voir ce changement de cap. Pourquoi sortir des consoles si différentes aujourd'hui ?
Où est passé le temps de la Nintendo 64 ou du début de l'ère GameCube ? Même si la N64 avait très peu de jeux, le peu qui sortait était vraiment exceptionnel avec Goldeneye, Perfect Dark, Banjo-Kazooie, Super Mario 64, The Legend of Zelda : Ocarina of Time et le début de la GameCube était tout aussi élogieux : Eternal Darkness, Star Wars Rogue Squadron...
En fait, ce qui a fait le charme de ces belles années est le développement par de très bons studios d'excellents titres. On retiendra Rare, Silicon Knights et Factor 5. Sur ces trois symboles des développeurs clés de l'histoire de Nintendo, plus aucun ne développpe pour Nintendo (mise à part des jeux portable pour Rareware). La faute à qui ? A Nintendo qui n'a plus la même philosophie que ces développeurs. Ils vont donc voir ailleurs. Espérons que les fans ne les suivent pas. On peut aussi rajouter dernièrement Camelot (Mario Golf/Tennis). Nintendo n'aurait pas souhaiter financer leurs projets...

Depuis deux ans, Nintendo essaie de récupérer des développeurs second qui seraient capable d'apporter ce que Rare ou Factor 5 ont insufflé à l'ère N64 ou NGC. n-Space nous a donc pondu Geist. A l'E3 2006, Nintendo a présenté des jeux dont les développeurs sont Monster Games et Monolith Software. Nintendo a compris que s'entourer de studios talentueux, qui développent des jeux que Nintendo n'est pas capable de créer, est essentiel. Cette prise de conscience arrive peut-être trop tard puisque tous les cerveaux sont déjà partis sur Xbox ou Playstation.